Toumani Sangaré, un cinéaste qui révèle les trésors du Mali

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Toumani Sangaré, un cinéaste qui révèle les trésors du Mali [RHHM est là] - lundi 26 septembre 2016
Toumani Sangaré, un cinéaste qui révèle les trésors du Mali [RHHM est là] – lundi 26 septembre 2016

Toumani Sangaré est un réalisateur franco-malien qui a fait ses premiers pas en France. Né à Paris, il est par la suite venu s’installer à Bamako. Sa série Taxi tigui est un succès qui montre que l’homme est une valeur sûre du cinéma malien et africain. Nous sommes allés à sa rencontre pour en savoir plus sur ses motivations, son parcours et ses projets à venir, notamment l’aventure cinématographique de son long métrage Nogochi, qui sortira prochainement !

RHHM : Vous êtes réalisateur depuis combien d’années maintenant ?

TOUMANI SANGARÉ : J’ai commencé la réalisation en 1999. cette date, qui bien comptée, fait dix-sept ans, concerne ma carrière professionnelle sinon que je suis à temps plein dans cet art depuis ma tendre jeunesse. En 1995, je faisais déjà des court-métrages.

RHHM : Comment le lien est né entre vous et le cinéma ?

TOUMANI SANGARÉ : Cela est venu tout naturellement. Je suis un passionné du septième art, depuis tout petit. Je regardais beaucoup de films, et je m’y suis finalement accroché par amour. Je suis donc passé du simple passionné à l’homme de métier.

RHHM : Pouvez-vous nous parler un peu de Kourtrajmé ?

TOUMANI SANGARÉ : Kourtrajmé est le verlan de court-métrage. c’est un collectif regroupant des réalisateurs, musiciens et comédiens. Je l’ai cofondé avec mes amis Ladj Ly, Kim Chapiron, Romain Gavras… Notre objectif à la base était de créer une famille afin de s’entraider. Kourtrajmé est né en 1995 en France et est partie du projet du film Paradoxe perdu. Aujourd’hui c’est plus qu’une famille. Nous avons en son sein de grands noms de l’art. Après Kourtrajmé France, est né Kourtrajmé Africa que j’ai créé avec Nicolas Frébault.

RHHM : Beaucoup de personnes décident plutôt de quitter l’Afrique pour l’Europe. Vous, c’est le contraire. Quelles sont les raisons de ce choix ?

TOUMANI SANGARÉ : Personnellement, je trouve l’Afrique très riche en culture et malheureusement pas suffisamment exploitée. Le continent noir, par rapport à l’Europe, à quelque chose de spécial sur le plan artistique. Là-bas, presque rien ne change dans le cinéma. Ici, il y a beaucoup d’avantage car on peut faire de belles choses, très originales avec peu de moyen. Les gens ont tendance à croire qu’en Europe c’est plus facile alors que c’est tout le contraire !

RHHM : Comment est venue l’idée de la série Taxi Tigui ?

TOUMANI SANGARÉ : Taxi Tigui est l’idée de mon associé Nicolas Frébault. Il m’en a parlé et j’ai validé tout de suite. J’ai vu que ça ne serait pas mal du tout de faire une série assez comique qui parlerait de l’univers d’un chauffeur de taxi. Un quotidien assez mouvementé des fois entre ces chauffeurs et leurs clients. Donc plus qu’une série, c’est une réalité qui est portée à l’écran.

Toumani Sangaré, un cinéaste qui révèle les trésors du Mali [RHHM est là] - lundi 26 septembre 2016
Toumani Sangaré, un cinéaste qui révèle les trésors du Mali [RHHM est là] – lundi 26 septembre 2016

RHHM : Vous avez travaillé avec les acteurs du hip hop à savoir Tata Pound, Fanga Fing et aussi Mokobe… Vous aimez bien ce mouvement ?

TOUMANI SANGARÉ : Oui j’aime bien le hip hop. J’ai travaillé en effet avec ceux que vous avez cités. J’ai fais deux clip pour Mokobé, Mali Forever en featuring avec Salif Kéïta et Bisou qu’il a fait avec Dj Lewis. J’ai aussi travaillé avec Diata Sya pour le clip Boomba et pleins d’autres rappeurs.

RHHM : Pourquoi ne bossez-vous pas avec les nouveaux rappeurs malgré l’ampleur que prend le rap aujourd’hui au Mali ? Vous n’aimez pas trop ce qu’ils font ?

TOUMANI SANGARÉ : Non, ce n’est pas cela. Ce qu’ils font n’est pas mal, même si j’avoue que je déplore personnellement le fait que leur inspiration soit plus axé sur le rap d’ailleurs, notamment le rap américain. Je leur demande d’être eux-mêmes. Regarde par exemple le clip Boomba de Djata Sya, au lieu d’une voiture, nous avons préféré un âne pour transporter les rappeurs car l’objectif était de faire ressortir l’originalité. Mettre en valeur ce que nous avons. Je suis disponible pour eux. Tout dépend des rappeurs. J’ai de très bon rapports avec beaucoup d’entre-eux. Tal B m’avait même contacté pour un clip que nous n’avions finalement plus tourné. S’ils m’approchent et que le projet soumis me convient, on travaillera ensemble bien sûr.

RHHM : Quel est le regard que vous portez sur le cinéma africain en général ?

TOUMANI SANGARÉ : Il évolue très bien. Les anciens ont fait leurs preuves et ont vraiment hissé loin le drapeau du cinéma africain. Je leur tire mon chapeau pour cela. Maintenant, je pense que les jeunes ont besoin de terrain pour mieux s’exprimer. Soit on ne leur donne pas vraiment la chance de le faire, soit la motivation n’est pas vive de leur côté. Le cinéma malien en tout cas a besoin d’une nouvelle génération, d’un nouveau souffle. Sinon les talents sont là.

RHHM : Sur quoi travaillez-vous actuellement et quels sont vos projet à venir ?

TOUMANI SANGARÉ : Mon projet immédiat est un long métrage intitulé Nogochi. Un film pour lequel nous allons d’ailleurs organiser une collecte d’argent afin de faire participer tout le monde. Chacun donnera ce qu’il peut donner. Ce film est un projet pour les maliens et par les maliens. C’est un film d’aventure fantastique. Je bosse aussi sur une émission en rapport avec la santé car nous en avons besoin. En plus de cela, je prépare une série intitulé Bissi Malah. De l’humour à 100% !

RHHM : Comment définissez vous le cinéma ?

TOUMANI SANGARÉ : C’est simplement un art comme tout autre. Il peut éduqué tout comme il peut juste être à caractère distractif, mais utile dans tous les cas.

RHHM : Votre mot de fin ?

TOUMANI SANGARÉ : Beaucoup de motivation. Il faut se battre pour construire, pas détruire. La méchanceté n’a pas d’importance. C’est bien d’être positif dans la vie. Compter sur soi-même et croire surtout en ce qu’on fait car rien n’est impossible.

RHHM : Découvrez la présentation du projet Nogochi dans la vidéo NOGOCHI – crowdfunding

Pour soutenir Toumani Sangaré pour la réalisation du 1er film d’aventure fantastique malien « Nogochi », faites un don sur Kisskissbankbank.com/fr/projects/nogochi-le-film !

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