Ramsès Damarifa, ses révélations sur son passé et ses projets

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Ramsès Damarifa, ses révélations sur son passé et ses projets [RHHM est là] - vendredi 23 septembre 2016
Ramsès Damarifa, ses révélations sur son passé et ses projets [RHHM est là] – vendredi 23 septembre 2016

Ramsès Damarifa, membre de Tata Pound, l’un des premiers groupes de rap malien à succès, est aussi un comédien très talentueux, qui récemment, a entamé une carrière d’acteur dans le film Bienvenue au Gondwana de Mamane. Nous l’avons approché afin d’en savoir plus sur son actualité, le rap, Tata Pound, la comédie, le cinéma… Découvrez l’interview que Ramsès Damarifa a accordée à RHHM dans laquelle l’artiste révèle de nombreuses anecdotes croustillantes !

RHHM : Vous auriez pu vous appeler Soundjata, Kankou Moussa, Moro Naba, pourquoi avoir opté pour Ramsès ?

RAMSÈS DAMARIFA : Cela revient au même dans la mesure où ce sont tous de grands hommes africains. C’est un pharaon qui à beaucoup apporté à l’Égypte ancienne et donc à l’Afrique en un mot. Mais l’idée n’est pas venue de moi. J’avais un ami qui lui, s’appelait Osiris. Un mec qui a joué un rôle capital dans l’histoire du groupe Tata Pound. C’est lui qui m’a collé ce nom et j’ai aimé. Voici comment le surnom de Ramsès est né.

RHHM : Parlant du groupe Tata Pound, où en êtes-vous avec les projets ? Ce groupe symbolique du rap malien existe t-il encore ?

RAMSÈS DAMARIFA : Dixon, Djo Daman et moi, à la base, sommes des amis d’enfance. Ce que je vais vous dire est une exclusivité parce que je ne l’ai jamais dit ailleurs. Formellement, je dirait que Tata Pound n’existe plus. Nous avons tous de nouvelles préoccupations qui font que nous ne pouvons plus nous unir de façon permanente comme avant. Alors, que le plus important pour faire perdurer un groupe est l’union créée par les rencontres fréquentes. Dixon a une activité qui ne lui permet plus de faire du rap, Djo Daman aussi n’a pas trop le temps, sinon avec lui, je pouvais continuer. Smarty sans Manwdoé ce n’est plus Yeleen, tout comme Awadi sans Duggy Tee n’est plus PBS. Dans tous les cas ,Tata Pound c’est avant tout un état d’esprit.

RHHM : Nous savons aussi que vous êtes un très bon comédien. Comment vous êtes-vous retrouvés dans cet art ?

RAMSÈS DAMARIFA : Je dois ma modeste petite carrière de comédien au dramaturge Jean-Louis Sagot-Duvauroux et Alioune Ifra N’diaye. Avec Lassy King Massassy et Amkoullel, j’ai fais des chansons en 2010 que nous avons faites écouter à Alioune, qui à son tour les a faites écouter à Jean-Louis. L’homme avec son génie par la suite, a eu l’idée d’écrire le premier scénario d’une comédie musicale intitulée Bama Saba que j’ai jouée avec King et Amkoullel. Après, Jean-Louis a enchaîne avec un autre scénario. Celui du spectacle Allah te sunôgo. J’ai joué aussi avec Michel Sangaré un spectacle intitulé Plus fort que mon père, écrit toujours par l’ingénieux Jean-Louis. Ensuite Tête d’or de Paul Claudel.

RHHM : Pourquoi avoir choisi le titre Plus fort que mon père ?

RAMSÈS DAMARIFA : L’idée de faire un spectacle qui allait s’appeler ainsi, est né encore de Jean-Louis Sagot-Duvauroux. Cependant, c’est moi qui l’ai sorti. Nous étions dans sa voiture à Paris lorsqu’il parlait de mon père, Idrissa Soumaoro, qui est aussi chanteur. Jean-Louis a dit que mon père était fort et qu’il aimait bien ce qu’il faisait. Pour plaisanter, j’ai dis :  » Il est fort, mais moi je suis encore plus fort ! « . On a ri et Jean-Louis a dit que ça serait super qu’on fasse un spectacle qui s’appellerait Plus fort que mon père et qui parlerait de conflit de générations. Ainsi dit, ainsi fait.

RHHM : Vous avez aussi commencé une carrière d’acteur dans le film Bienvenue au Gondwana du célèbre chroniqueur et humoriste Mamane. Un long métrage qui regroupe beaucoup d’acteurs venant de presque tous les pays d’Afrique de l’ouest. Parlez-nous un peu de cette aventure.

RAMSÈS DAMARIFA : J’étais invité sur le plateau de Mamane et Robert De Brazza pour parler de Tête d’or qu’on devait jouer à Paris. Juste après le spectacle, Mamane qui avait beaucoup apprécié ce que je faisais m’a contacté pour me parler du projet de long métrage. Le film devait se tourner à Abidjan. Nous nous sommes revus là-bas pendant le MASA. J’ai connu mon rôle et le tournage a suivi. Le film sortira bientôt, en fin d’année incha’Allah !

RHHM : Que pensez-vous du rap malien d’aujourd’hui ?

RAMSÈS DAMARIFA : Il évolue très bien, même si je préfère que les sujets soient plus dénonciateurs que ego trip. Le rap est un outil de combat, pas de simple jeu. Les anciens disaient : « la musique n’est pas bonne mais son message est bon ». Il faut que les plus jeunes songent à cela. Faire de la musique un art agréable et utile, en même temps. J’ai remarqué que certains comme Gaspi et Tal B, ont commencé à faire du conscient. Je les encourage. Le rap malien a beaucoup de talents, cependant parlons de nos réalités, laissons celles des autres.

RHHM : Dans le son LDD (lettre de démission), Tal B a claché plusieurs groupes de rap malien notamment Tata Pound. Comment Ramsès a-t-il pris ce clash ?

RAMSÈS DAMARIFA : Quand j’ai écouté, j’ai bien rigolé avec mes potes simplement. Il l’a fait pour le buzz, on le sait. Il en a la liberté. Je ne vais pas l’empêcher de dire ce qu’il veut dire. J’étais moi, Ramsès, membre de jury du premier concours de rap qui a révélé Tal B. Quand il a fait 2pac est de retour, il m’a invité a passé dans le clip car il parlait de Tata Pound dans le son avec beaucoup de respect. J’ai accepté. Donc, il sait qui est Tata Pound. Il connait notre place dans le rap malien. Ce qu’il a dit n’engage que lui. Par la suite, il m’a croisé et a fait comme si de rien n’était. Je ne lui ai jamais demandé pourquoi il nous a claché. Avant lui, beaucoup l’ont fait sans que cela ne nous affecte. Il fait ce qu’il veut. Sinon il a beaucoup de talent. Je ne peux que lui souhaiter le meilleur.

RHHM : Quand je dis Mylmo ?

RAMSÈS DAMARIFA : Très fort.

RHHM : Et lorsque je dis Weei Soldat ?

RAMSÈS DAMARIFA : Je ne l’écoute pas, et je ne veux pas me prononcer sur ce qu’il fait.

RHHM : Pourquoi ?

RAMSÈS DAMARIFA : Question suivante. (Rires)

RHHM : Ok, Ramsès, quel conseil pouvez vous donner aux nouveaux rappeurs qui sont le futur du rap malien ?

RAMSÈS DAMARIFA : L’originalité. Qu’ils n’oublient pas qu’ils sont maliens et non américains. C’est important de savoir d’où l’on vient.

RHHM : Que pouvez-vous dire sur la situation du pays et que souhaitez-vous concrètement ?

RAMSÈS DAMARIFA : Sa situation est très chaotique. Le Mali est en train de perde sa beauté, sa richesse et son autonomie. J’espère cependant que tout ira pour le mieux. Le problème du Mali est sa tête. Nous avons simplement de mauvais politiciens. Ce n’est pas encore officiel mais la division est visible et ça fait peur, très peur d’ailleurs. Nous avons besoin de patriotes à la tête de la nation et non de personne qui vendent le Mali sans pitié. Je prie et invite tout le monde à faire pareil afin que le Mali retrouve sa stabilité. C’est l’affaire de tous, mettons tous du notre. Vivement 2018 !

RHHM : Quel est votre mot de fin ?

RAMSÈS DAMARIFA : Merci à votre site RHHM. Je le suis depuis vos débuts. Vous faites beaucoup pour la musique malienne et je vous encourage. Et nous espérons que le Mali deviendra grand, très grand !

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